Les Photos du Soir ~ Aphrodite par William Bougereau | Une déesse troublante

    « Aphrodite » par William Bouguereau

Aujourd’hui, je suis tombée sur ce portrait et j’ai été éblouie, littéralement ! Une telle beauté, une telle pureté … un tel modernisme. Une technique pure mais aussi légèrement floutée, voire quelque peu embuée, qui apporte au visage de cette « Aphrodite », quelque chose d’étrange. Comme un songe ou une apparition … Un tableau tellement « parfait » par sa technique picturale, qu’il aurait aussi bien pu s’agir d’un portrait pris par un photographe de renom.

Ce n’est évidement pas le cas, puisqu’il s’agit d’un tableau de William Bouguereau, peintre français représentatif de la peinture académique du XIX siècle.

Son thème de prédilection fut la représentation du corps féminin. Avec Cabanel, Gervex et Gérome il est associé au genre du nu académique. Sa Naissance de Vénus est emblématique, d’une peinture sensuelle profondément influencée par les Vénus d’Ingres.

C’est avec ce genre qu’il connu le plus de succès mais rencontra aussi le plus de critiques.

C’est avec étonnement que j’ai lu que c’est justement « à cause de la texture lisse et minutieuse de sa peinture » qu’il avait été vilipendé : ce qui avait justement attiré mon regard et l’avait retenu avait profondément déplu …

Joris-Karl Huysmans, écrivain mais surtout critique d’art, dit en effet à ce sujet : « Ce n’est même plus de la porcelaine, c’est du léché flasque ; c’est je ne sais quoi, quelque chose comme de la chair molle de poulpe ». C’est terrible !

Degas ira même jusqu’à inventer le verbe « bouguereauter » pour désigner ironiquement l’action de fondre et de lisser le rendu pictural de cette manière.

Après les deuils successifs qu’il subit en 1877 dans sa vie personnelle, William Bouguereau se tourna vers une peinture à thème religieux et délaissera ceux en rapport avec l’Antiquité de ses débuts.

Après la découverte de ce portrait que je trouve tout à fait fascinant, j’ai très envie de partir à la découverte de ce peintre assez peu connu et de partager avec vous ce que j’en aurai retenu dans un prochain article qui lui sera consacré.

Mais je tenais vraiment à partager cette merveille, dès ce soir …

 

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Images ~ Ceci n’est pas la terre … avec Beth Nicholas | Artiste

Catching my breath par Beth Nicholas

Le monde vu du ciel se révèle toujours surprenant. Il ne correspond ni à notre réalité ni même à notre imaginaire.

Il semble simplement  irréel.

Irréelle, comme une œuvre d’art peut l’être lorsqu’elle naît des rêves fantasmagoriques d’un peintre sous influence qui laisse libre cours à ses délires esthétiques sur une toile.

Irréelle, comme la traduction picturale d’une poésie écrite par une âme d’une rare et étrange pureté.

Le monde vu du ciel est une manifestation du sublime.

Mais, si l’on s’en rapproche et que la distance se réduit, alors la terre se transfigure et sa beauté s’efface peu à peu pour finalement disparaître presque totalement.  Alors, plus rien n’a de sens.

L’abstraction lyrique n’est pas compatible avec le tangible, le vrai et le palpable. Elle doit rester dans les hauteurs des esprits les plus fous.

Et non, ceci n’est pas la terre… Mais un tableau de Beth Nicholas « Catching my breath ».

Pour cette nouvelle année, je souhaiterais tant que notre monde reste aussi beau que lorsqu’il est vu du ciel ! Ce point de vue qui seul permet de ne plus voir les hommes, tant ils sont petits qu’ils n’existent plus … Et que dès lors, il leurs serait impossible de blesser, de salir, de détruire et de tuer !


Pour découvrir le travail de Beth Nicholas et découvrir la série dont « Catching my breath » est issue, cliquez sur une des photos pour faire défiler la galerie.


 

Les Photos du Soir ~ Animeyed par Flora Borsi

Flora Borsi est une jeune photographe de « fine art » d’origine hongroise.


Elle utilise à la perfection les outils de modifications de photos qui sont de nos jours à notre disposition pour créer des images surréelles qui sont thématiquement axées sur l’identité, les relations, les émotions et les rêves. Sa technique et ses idées conceptuelles créent de sublimes évocations d’émotions universelles, de la luxure et du désir au désespoir et à la perte. Flore Borsi à la fois capte la force complexe et la fragilité de la psyché humaine. Elle explore habilement les fantasmes sombres et les rêves d’ambiances particulières, en utilisant la métaphore étrange et intelligente, tout en déverrouillant ce que signifie penser, sentir, rêver et s’exprimer dans le monde urbain. Son travail présente souvent le corps féminin et elle joue avec la dissimulation et la révélation des yeux ou du visage pour ne laisser que la forme féminine, en explorant les questions de représentation féminine et la relation entre le corps et l’individu.


Flora a exposé à l’international avec des expositions individuelles en Europe et aux Etats-Unis, et a notamment participé à l’exposition de groupe « Continental Shift » à Saatchi Gallery. Elle a également exposé au Louvre.


Son esthétique éthérée a remporté plusieurs prix d’art et a recueilli l’acclamation critique de la presse, y compris The Guardian’s Observer et BBC Culture.


Son œuvre est le visage d’Adobe Photoshop en 2014.


En 2016, Flora Borsi s’est lancée dans un projet tout à fait innovant qu’elle a baptisé Animeyed, jeu de mots entre « animal » et « eye » (oeil). Le principe est assez simple, encore fallait-il en avoir l’idée… et, surtout, le mettre en oeuvre avec talent.

L’artiste se met en scène avec des animaux divers comme un chat, une colombe, un lapin, un poisson et même un serpent. Sur chacune de ces photos, un œil de Borsi est remplacé par celui d’un animal.

A l’origine de cette série d’autoportraits, un selfie avec son chien, où l’artiste a découvert que son œil était comme l’un des siens. L’objectif de cette série : montrer la beauté des animaux ainsi que leur similarité avec l’être humain.

Pour arriver au résultat final, cela prend du temps. Flora Borsi estime entre 15 et 20 heures le temps nécessaire pour une seule photo : maquillage, coiffure, shooting, recherche de photos en banque d’image et surtout la retouche – qui représente 70% du travail.

Chacune des photos qui suit est un autoportrait de Floria Borsi auquel l’artiste a superposé la tête d’un animal. A chaque fois, la belle et la bête partagent un œil en commun. C’est magnifique et dérangeant à la fois…