11 Novembre 1918 ~ Hommage à nos Héros – Littérature et Cinéma

Cette photographie a été prise après la signature de l’armistice à la sortie du « wagon de l’Armistice » du train d’État-Major du maréchal Ferdinand Foch (deuxième à partir de la droite)

L’armistice de 1918, signé le 11 novembre 1918 à 5h15 du matin marqua la fin des combats de la Première Guerre mondiale (1914-1918), la victoire des Alliés et la défaite totale de l’Allemagne.

Le cessez-le-feu fut effectif à onze heures, entraînant dans l’ensemble de la France des volées de cloches et des sonneries de clairons annonçant la fin d’une guerre qui fit plus de 18 millions de morts et des millions d’invalides ou de mutilés. Les généraux allemands et alliés se réunirent à l’intérieur du wagon-restaurant aménagé spécialement à cet effet et provenant du train d’État-Major du Maréchal Foch, dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne.

Plus tard, en 1919, à Versailles, sera signé « Le traité de Versailles« .

[Source : Wikipédia]

Nous avons tous vécu cette période d’une manière ou d’une autre par la transmission de nos instituteurs et de nos professeurs, par nos parents et nos grand-parents, qui avaient à cœur de faire de nous, leurs élèves, leurs enfants, des adultes qui se souviennent, qui se rappellent et qui n’oublient pas en nous inculquant le goût du savoir, le goût de la recherche, l’extrême don qu’est la curiosité de l’esprit.

C’était un autre temps …

La littérature, immortelle, est là pour nous raconter ce que fut « la grande guerre« , une boucherie intolérable que l’on aurait souhaité ne jamais connaître, ni se perpétuer, mais l’homme est un guerrier sanguinaire depuis la nuit des temps.

J’ai en mémoire, certains passages d’Au Plaisir de Dieu, de Jean d’Ormesson : « Aucun de nous n’est rien d’autre que ce que le monde autour de lui a décidé qu’il est. »

Roman qui relate aussi le départ des fils de la famille « Plessis-Vaudreuil » pour le front et leur « mort au combat » sous fond de clairon … passage émouvant s’il en est dans le deuxième épisode du feuilleton réalisé par Robert Mazoyer.

Les Thibault de Roger Martin du Gard, chef d’oeuvre absolu dont le dernier volume « L’été 14 » ne peut se lire que paragraphe par paragraphe, tant l’émotion y est intense, particulièrement s’agissant de « L’épilogue » ; le journal tenu par le docteur Antoine Thibault est une merveille d’écriture, d’honnêteté et de vérité d’un homme face à la mort. À mesure que passent les jours et que novembre 1918 arrive, gazé, il s’épuise et il écrit de moins en moins : ses derniers mots sont des râles pleins d’une lucidité douloureuse. Ces quelques lignes m’ont marquée à jamais et sont à elles seules un bijou de la littérature française.

Quant à la filmographie, jamais ne me quittera le film de Bertrand Tavernier « Capitaine Conan » adapté du roman éponyme de Roger Vercel  qui reçu le Prix Goncourt en 1934.

À la tête d’une cinquantaine de soldats héroïques, sortis pour la plupart des prisons militaires, Conan, joué par un Philippe Torreton absolument remarquable – son plus grand rôle ?! – est un personnage à nul autre pareil, un guerrier que rien n’effraie, se jetant corps et âme dans la bataille après avoir quitté sa tranchée. C’est au couteau qu’il tue ! Le combat à main nue … le combat des braves ! C’est ainsi qu’il ne peut que mépriser l’armée régulière et les officiers d’active, ceux qu’il appelle des « soldats », alors qu’il se considère, lui, comme un « guerrier ».

Franc-tireur, refusant toute autorité, il n’a d’estime que pour Scève joué par Bernard Le Coq, aristocrate ayant tourné le dos à ses privilèges pour s’engager dans l’infanterie, un Bernard Le Coq, fabuleux ! Il est également proche de Norbert joué par Samuel Le Bihan, jeune licencié en Lettres, dont il apprécie la droiture et la morale.

En voici un extrait :

Tant d’autres films tels que La Vie et rien d’autre de Bertrand Tavernier, encore, avec Philippe Noiret et Sabine Azéma, La Grande Illusion de Jean Renoir, bien évidemment, avec Jean Gabin, Dita Parlo, Pierre Fresnay me viennent à l’esprit …

Et une pensée toute particulière pour les tirailleurs nord-africains qui appartenaient à l’Armée d’Afrique (Tirailleurs algériens, Tirailleurs tunisiens, Tirailleurs marocains), ainsi que pour les Tirailleurs  Sénégalais qui bien que leur recrutement ne se soit pas limité au Sénégal fut le lieu où se forma en 1857 le premier régiment de tirailleurs africains, ces unités d’infanterie désignant l’ensemble des soldats africains de couleur noire qui se sont battues sous le drapeau français.

A tous ces hommes, je rends hommage aujourd’hui ; ils furent purement et simplement des HEROS !

Et comme dans notre pays, tout se célèbre toujours par des chansons ou des chants patriotiques, je vous propose d’écouter « Verdun ! On ne passe pas« , écrit en 1916 par Eugène Joullot et Jack Cazol sur une musique de René Mercier, puis d’en lire les paroles magnifiques.

Un aigle noir a plané sur la ville,
Il a juré d’être victorieux,
De tous côtés, les corbeaux se faufilent
Dans les sillons et dans les chemins creux.
Mais tout à coup, le coq gaulois claironne :
Cocorico, debout petits soldats !
Le soleil luit, partout le canon tonne,
Jeunes héros, voici le grand combat.

Et Verdun, la victorieuse,
Pousse un cri que portent là-bas
Les échos des bords de la Meuse,
Halte là ! on ne passe pas…
Plus de morgue, plus d’arrogance,
Fuyez barbares et laquais,
C’est ici la porte de France,
Et vous ne passerez jamais.

Les ennemis s’avancent avec rage,
Énorme flot d’un vivant océan,
Semant la mort partout sur son passage,
Ivres de bruit, de carnage et de sang ;
Ils vont passer… quand relevant la tête,
Un officier dans un suprême effort,
Quoique mourant, crie : À la baïonnette
Hardi les gars, debout ! Debout les morts !

Et Verdun, la victorieuse,
Pousse un cri que portent là-bas
Les échos des bords de la Meuse,
Halte là ! on ne passe pas…
Plus de morgue, plus d’arrogance,
Fuyez barbares et laquais,
C’est ici la porte de France,
Et vous ne passerez jamais !

Mais nos enfants, dans un élan sublime,
Se sont dressés ; et bientôt l’aigle noir,
La rage au cœur impuissant en son crime,
Vit disparaître son suprême espoir.
Les vils corbeaux devant l’âme française,
Tombent sanglants, c’est le dernier combat.
Pendant que nous chantons la Marseillaise,
Les assassins fuient devant les soldats.

Et Verdun, la victorieuse,
Pousse un cri que portent là-bas
Les échos des bords de la Meuse,
Halte là ! On ne passe pas…
Plus de morgue, plus d’arrogance,
Fuyez barbares et laquais,
C’est ici la porte de France,

Et vous ne passerez jamais !


Cliquez sur une des photos pour faire défiler le diaporama


Publicités

Jacqueline Bisset and her amazing Golden Globes Acceptance Speech

Comme je le disais en mars dernier en commentaire de l’article « Jacqueline Bisset : Happy Birthday » publié le 13 septembre 2012 :

« Elle est le raffinement suprême et a une très très forte personnalité.
Ce n’est pas une petite chose fragile …

Comme je le disais tout à l’heure à Maud sous sont dernier commentaire, je reviens bientôt avec un nouvel article sur elle et son actualité récente.
Elle est fabuleuse ! »


Jacqueline Bisset en 2014 – Toujours aussi somptueuse

Dancing on the Edge est une série télévisée britannique écrite et réalisée par Stephen Poliakoff. Diffusée sur la BBC Two en 2013, l’action se situe dans les années 30 où le Louis Lester Band, un groupe de jazz uniquement composé de musiciens noirs à Londres, réussit l’exploit de s’imposer dans le milieu de l’aristocratie anglaise. Mais, lorsque le groupe se retrouve impliqué dans une sombre affaire de meurtre, les portes du succès et de la reconnaissance commencent à se fermer une à une …

Montée sur scène pour récupérer le prix du meilleur second rôle féminin dans un téléfilm de prestige ou une mini-série en l’occurrence pour « Dancing on the Egde« , dans lequel elle tient le rôle de Lady Cremone, lors des Golden Globes Awards (2014) la comédienne britannique Jacqueline Bisset a étonné par son discours ému et empreint de sa belle personnalité ; puissante, forte et drôle.

 L’émotion était belle ! La surprise était réelle … Et son élégance toujours sans pareille !

Se rappelant qu’elle avait été nommée à cinq reprises, et la première fois il y a 47 ans, l’actrice a d’abord remercié l’Association de la presse étrangère de Hollywood, qui remet les prix chaque année, avant d’essayer de se donner du courage, entre deux longs silences, puis de rechercher dans la salle Chiwetel Ejiofor, qui lui donne la réplique dans la mini-série.

A peine avait-elle eu le temps de remercier la chaîne Starz, qui diffuse la série aux Etats-Unis, et ses agents britannique et américain, que la musique a commencé à retentir pour lui faire signe d’accélérer voire de mettre fin à son discours. Mais Jacqueline Bisset ne s’en laisse pas conter et n’avait pas terminé. « Je suis désolée, mais je vais me reprendre« , a-t-elle donc poursuivi, avant de remercier les gens qui lui ont « apporté de la joie« . Puis, quelques mots ont été bippés, mais pas celui que la production voulait éviter. La salle et les téléspectateurs ont donc entendu le mot « shit« , interdit sur les grandes chaînes américaines – étrange pays que celui-ci, celui de toutes les libertés mêlé au puritanisme le plus strict et le plus ridicule.

Se remémorant les conseils de sa mère, elle a ensuite conseillé à toutes les personnes présentes… d’apprendre à pardonner et à se pardonner. « Si vous voulez vous sentir bien, il faut pardonner tout le monde ! C’est le meilleur produit de beauté !« , a-t-elle ainsi lancé, avant de remercier une nouvelle fois sa famille, ses amis, pendant que la musique continuait à retentir.

Pour ceux qui ne maîtriseraient pas suffisamment l’anglais : voici, le discours en anglais qu’elle a prononcé :

« (Sigh) God. (Lip smack.) (Laugh.) Um, I think it was 47 years ago that the Hollywood Foreign Press gave me, promising, a nomination for the Holl-uh, Promising Newcomer!!! (Sigh) Thank you very much, Hollywood Foreign Press. I’m absolutely shaken. I can’t believe this. God knows you’ve nominated me about five times I think, anyway. (Sigh) (Lip smack) (Lip smack) (Sigh) OK! Scottish background to the front! OK! Um, I always wanted to do something for the BBC. And we did this. And this was great. Chiwetel, where are you? Can I see Chiwetel? I need him for inspiration. Where is he? OK. We had a good cast, didn’t we? It was great. Starz thank you for putting this on and, uh, (lip smack) thank you to my British agent, Steve Kenis, and my American agent, Harry Abrams. (Music begins) I…I’m sorry, I’m gonna get this together! I want to thank the people who’ve given me joy and there have been many! The people who’ve given me shit, I say, like my mother, what did she say? She used to say, « Go to hell and don’t come back. » However, however, however, my mother was not entirely me. I (laughs) believe if you wanna look good, you’ve got to forgive everybody. You have to forgive everybody. It’s the best beauty treatment. Forgiveness for yourself and for the others. (Blows a kiss) I love my friends, I love my family, and you’re so kind! Thank you so much! (Giggles) Thank you! »

Et lorsqu’elle dit « Scottish background to the front » ; c’est pour se donner du courage en rappelant ainsi ses origines écossaises – puisque elle est née d’une mère française ET d’un père écossais. Quelle force dans cette expression !

What a WOMAN!

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 Et si vous souhaitez voir les photos en grand format,

il vous suffit de cliquer sur l’une d’elles, ci-dessous :

 

 

Clin d’œil à Monsieur Alain Delon – Respect, admiration et fascination

Français : Alain Delon au festival de Cannes

Alors que nous avons appris son hospitalisation qui ne devrait pas se prolonger plus longtemps qu’il n’est nécessaire – le temps qu’il lui faudra pour qu’il se remette de son arythmie – Alain Delon, nous a chanté une mélodie en sous-sol toute la journée …

La prégnance de son importance dans le monde du cinéma mais aussi dans nos vies … un homme qui a marqué et marque encore tant de générations … nous a hanté.

Le Guépard aux yeux clairs et perçants n’a rien perdu de sa superbe.

Si beau et fier à 77 ans, c’est presque un miracle … que nous a donné le cinéma français, le vrai cinéma … celui qui à mon sens n’existe plus.

Et ce sourire … du plus bel homme du monde.

Le souvenir de Romy, Gabin, Lino Ventura, Maurice Ronet … nous a sauté au visage comme la nostalgie de temps heureux … Quels acteurs, Quels films, Quels émotions et souvenirs merveilleux … magiques.

Une pensée bien évidement pour Jean-Paul Belmondo, toujours là, heureusement.

Et une évidence terrible « rien ne dure ». La vie … et la mort au bout du chemin qu’on espère le plus loin possible.

Et que décidément, comme je le pense depuis mes 16 ans – « Le Cinéma, c’est la vie », et ajouterai maintenant que le Cinéma fait partie de nos vies et marque les époques et les Hommes …

Je vous laisse regarder une jolie Interview d’Alain Delon réalisée en mai 2013 lors du dernier Festival de Cannes

Article à lire ou à relire

Le Style inimitable et iconique de Monsieur Alain Delon vu par Colin Mcdowell sur le magazine de Mr Porter

6bf09b641dc42a427eae0a8784f164d4

Le Style Inimitable et Iconique de Monsieur Alain Delon vu par Colin McDowell sur le magazine de Mr Porter


Une merveilleuse vidéo sur la place d’Alain Delon dans le monde de la mode,  comme Mr Porter sait nous en présenter et dont l’histoire nous est contée par le célèbre critique de mode Colin McDowell.

Le texte est en anglais, cependant je pense sincèrement que même pour les non-anglophones, les images sublimes parleront d’elles-mêmes.

 

Un petit bonus vidéo – L’Eau Sauvage parfum iconique de Christian Dior, revient sur nos écrans … avec Romy Schneider.

 

_

Jacqueline Bisset – Happy Birthday

Jacqueline Bisset - Happy Birthday
Jacqueline Bisset et Jean-Pierre Léaud dans « La Nuit Américaine » de François Truffaut

Extrait :